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二進制
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-\titre{17 mars 2026}{Conmmunication}{Joseph Remillieux}{ }{Pierre Teilhard de Chardin: que reste-t-il aujourd'hui de ses intuitions cosmologiques?}{Pierre Teilhard de Chardin: que reste-t-il aujourd'hui de ses intuitions\ldots}
-\label{314569deb780d7634dbdd003071384564fa9f64c}
-  Soixante-cinq ans après ma première lecture du \emph{Phénomène
-  Humain}, j'ai voulu comprendre pourquoi cet écrit de Pierre Teilhard
-  de Chardin avait passionné l'étudiant que j'étais alors, avant que je
-  ne sois engagé dans des recherches en physique du noyau de l'atome et
-  de ses particules. Teilhard est avant tout un père jésuite, un grand
-  mystique, mais aussi un chercheur de terrain en géologie et en
-  paléontologie. Cette communication a pour modeste ambition de ne
-  revisiter que les intuitions cosmologiques de Teilhard, telles
-  qu'elles sont exprimées dans son ouvrage \emph{Le} \emph{Phénomène
-  Humain}, laissant à d'autres, plus compétents, la discussion des
-  aspects plus spécifiquement mystiques et paléontologiques de son
-  œuvre. Pour comprendre l'originalité de la carrière scientifique de
-  Teilhard autant que le destin fortement contrarié dans laquelle elle
-  s'est déroulée, il faut rappeler quelques points clef de sa
-  biographie. Et pour apprécier ce qui reste de ses intuitions
-  cosmologiques, il faudra les comparer aux travaux des très rares
-  physiciens contemporains qui s'aventurent dans l'introduction de
-  considérations cognitives ou spirituelles au côté des deux «modèles
-  standards», celui des particules élémentaires et celui de la
-  cosmologie, actuellement reconnus pour décrire la nature et le
-  comportement de la matière, depuis l'échelle des particules jusqu'à
-  celle de l'Univers.
-
-  \textbf{Enfance et formation de Teilhard}
-
-  Pierre Teilhard de Chardin nait le 1\textsuperscript{er} mai 1881, au
-  \emph{château de Sarcenat}, une gentilhommière sise à Orcines, près de
-  Clermont-Ferrand. Il est le quatrième enfant d'une fratrie qui en
-  comprendra onze. Sa petite enfance est très marquée par le style de
-  vie de la petite noblesse auvergnate de ses parents: c'est sa mère,
-  \emph{Berthe-Adèle de Dompierre d'Hernoy}, qui par l'assiduité et la
-  sincérité de sa pratique religieuse éveillera la future vocation de
-  son fils au sein de la Compagnie de Jésus et c'est son père,
-  \emph{Emmanuel Teilhard de Chardin}, un ancien élève de l'\emph{École
-  des Chartes,} par ailleurs naturaliste éclairé, qui éveillera sa
-  vocation de chercheur scientifique.
-
-  Dès 1892, lorsque ses parents le mettent en pension au \emph{collège
-  jésuite de Mongré}, près de Villefranche, Pierre est très vite séduit
-  par la spiritualité jésuite et déclare bientôt qu'il désire commencer
-  les douze ans de préparation nécessaires pour intégrer la Compagnie de
-  Jésus. Après avoir effectué en 1900 son noviciat à Aix-en-Provence, il
-  prononce ses premiers vœux à Laval en 1901. Interviennent alors les
-  \emph{Lois d'exception} laïques\emph{,} qui forcent les jésuites à se
-  replier en Grande Bretagne. C'est ainsi que Pierre termine son
-  \emph{juvénat} et commence son \emph{scolasticat} sur l'île de
-  \emph{Jersey.} Parallèlement il se passionne pour l'exploration
-  scientifique de l'île dont il découvre la géologie, la flore et la
-  faune.
-
-  En 1905, Pierre commence ses trois années de \emph{régence} dans le
-  collège jésuite de la \emph{Sainte famille a}u Caire. Il a aussi pour
-  charge d'enseigner aux élèves la physique et la chimie. C'est pour lui
-  un séjour très heureux, car d'une part il aime enseigner et d'autre
-  part il a toute liberté pour explorer les déserts de son
-  environnement. C'est alors qu'il découvre des fossiles inconnus qui
-  porteront son nom(un genre \emph{Teilhardia} et une espèce
-  \emph{Teilhardi}) et qui sont l'objet de sa première publication
-  scientifique. Il est tellement passionné par cette découverte, qu'il
-  s'interroge sur sa réelle vocation: est-elle celle d'un père jésuite
-  ou plutôt celle d'un chercheurscientifique ? C'est alors qu'il
-  tranche définitivement sur son avenir: il sera un chercheur-jésuite!
-
-  Après ce séjour au Caire, Teilhard rejoint l'Angleterre, au manoir
-  jésuite d'\emph{Ore Place,} à Hastings dans le Sussex: il y achève sa
-  formation religieuse et est ordonné prêtre le 24 août 1911.
-
-  \textbf{Le piège de l'\emph{Homme de Piltdown}}
-
-  Pendant son séjour à Hastings, Teilhard est invité en juin 1912, par
-  les paléontologues Charles Dawson et Arthur Woodward à visiter le site
-  de \emph{Piltdown,} au sud de Londres, où Dawson avait déclaré avoir
-  découvert un crâne qui pourrait être le fossile du fameux «chaînon
-  manquant» prévu dans \emph{l'Origine des espèces} de Darwin. Cette
-  soi-disant découverte eut un retentissement mondial important dans un
-  contexte où les Britanniques se sentaient frustrés par les récentes
-  découvertes allemandes et françaises concernant \emph{l'homme de
-  Néandertal}. Heureusement Teilhard se montre dès le début sceptique
-  devant cet échantillon, auquel il ne fit d'ailleurs jamais référence
-  durant toute sa carrière de paléontologue. Ce n'est qu'en 1953 que fut
-  prouvé que le crâne de l'homme de Piltdown était un faux, associant un
-  crâne humain à une mandibule d'orang-outan. En 1954, un an avant la
-  mort de Teilhard, l'identité du faussaire fut enfin révélée, il
-  s'agissait de \emph{Martin Hinton}, un étudiant de \emph{Woodward,}
-  qui en voulait à son patron.
-
-  Cette grave imposture scientifique pesa néanmoins assez peu sur la
-  réputation scientifique de Teilhard en paléontologie, bien que
-  certains suspectèrent, bien à tort, cet étrange «étudiant français en
-  théologieà Hastings » d'avoir trempé dans le complot.
-
-  \textbf{Formation scientifique à Paris, au Muséum d'histoire
-  naturelle}
-
-  \textbf{et à l'Institut catholique}
-
-  De séjour à Paris de 1912 à 1914, Teilhard saisit l'occasion
-  d'approfondir sa formation scientifique théorique en suivant les cours
-  de géologie du sulpicien \emph{Henri Breuil} à l'Institut catholique
-  tout en participant à des recherches expérimentales en paléontologie
-  sous la conduite de \emph{Marcellin Boule}, le directeur du Muséum
-  d'histoire naturelle.
-
-  Il est alors envoyé sur le site d'une fouille à Santander, en Espagne,
-  dans le cadre d'une mission financée par \emph{l'Institut de
-  Paléontologie humaine}, un organisme qui venait d'être créé par
-  Marcellin Boule, Henri Breuil et Albert 1\textsuperscript{er} de
-  Monaco.
-
-  \textbf{Première guerre mondiale}
-
-  Teilhard est en Inde lorsque parait l'ordre de mobilisation générale
-  des Français. Bien qu'à son conseil de révision il ait été réformé,
-  pour cause «d'insuffisance physique», il décide de rejoindre
-  Clermont-Ferrand, sa ville de recrutement. Il n'a pas à insister
-  beaucoup pour que son vœu de devenir brancardier soit finalement
-  accepté: il est mobilisé dès le mois de décembre 1914 dans la
-  13\textsuperscript{ème} section d'infirmier de Clermont.
-
-  Sur le front, son courage exceptionnel est aussitôt reconnu: dès
-  1915, il est l'objet d'une première citation \emph{à l'ordre de sa
-  Division}, puis, en 1916, d'une seconde citation \emph{à l'ordre de
-  l'Armée} et enfin, en juin 1917, il reçoit la \emph{Médaille
-  militaire}.À la suite de cette décoration, on lui propose d'être promu
-  «Aumônier-capitaine». Mais Il refuse catégoriquement, car cette
-  promotion le priverait de son engagement de brancardier sur le front.
-  C'est d'ailleurs au titre de «brancardier d'élite » qu'il sera nommé
-  \emph{Chevalier de la légion d'honneur e}n 1921.
-
-  Désormais «brancardier honoraire», quelques semaines après que son
-  frère Olivier ait été tué au combat, au Mont Kemmel, Teilhard rejoint
-  Ste-Foy-les-Lyon le 26 mai 1918, pour y prononcer ses vœux solennels.
-  Démobilisé en 1919, Teilhard après avoir vécu les pires horreurs de la
-  guerre, notamment en octobre 1916, à la reprise du fort de Douaumont,
-  analyse ces années de guerre avec un étonnant optimisme: il y voit
-  une nécessité cosmique, un changement de phase nécessaire à la
-  progression de l'humanité.
-
-  \textbf{Après-guerre, l'obtention d'un doctorat scientifique}
-
-  De retour à Paris, Teilhard a alors la ferme volonté, malgré sa grande
-  lassitude,de perfectionner sa formation scientifique supérieure.
-  C'est ainsi qu'il obtient trois certificats de licence: deux en 1919,
-  en géologie et en botanique, puis un en 1920, en zoologie, tout en
-  préparant une thèse à l'Institut catholique où il a été nommé Maître
-  de conférences en géologie. C'est le 22 mars 1922, qu'il soutient sa
-  thèse en Sorbonne sur « \emph{Les carnassiers des phosphorites du
-  Quercy}». Un précieux sésame pour être titularisé dans la Chaire de
-  géologie de l'Institut catholique.
-
-  Teilhard, fin 1922, semble particulièrement bien armé pour débuter une
-  brillante carrière religieuse et scientifique: il est père jésuite,
-  héros de la Grande guerre, titulaire d'une chaire universitaire et
-  chercheur au Muséum. L'avenir montrera que ce ne sera pas si simple
-  pour lui.
-
-  \textbf{Première mission scientifique en Chine (1923-1924)}
-
-  C'est alors que Marcellin Boule qui déplorait depuis plusieurs années
-  le peu de connaissances paléontologiques en provenance de l'Asie,
-  décide de mandater son plus brillant étudiant au Muséum, Teilhard,
-  pour conduire une mission d'un an en Chine. En avril 2023, Teilhard
-  quitte donc Paris pour aller rejoindre les chantiers de fouilles du
-  jésuite \emph{Émile Licent} à \emph{Tientsin} sur le Fleuve jaune. En
-  mars 1924 Lucent et Teilhard organisent des fouilles en Mongolie
-  orientale. Les collectes en Chine et en Mongolie ont été très
-  abondantes, des tonnes de fossiles, Teilhard en expédie une fraction
-  au Muséum. Boule est enchanté et signe aussitôt, en accord avec
-  l'Institut catholique, une prolongation d'un an du financement de la
-  mission de Teilhard en Chine.
-
-  \textbf{Premier conflit avec sa hiérarchie}
-
-  Lorsqu'en octobre 1924 Teilhard rentre très heureux à Paris pour
-  reprendre ses cours à l'Institut catholique, il sent bien vite une
-  certaine hostilité et réalise qu'une copie d'une note qu'il avait
-  griffonnée en 1922, à l'attention privée de quelques confrères
-  jésuites, avec lesquels il avait l'habitude de discuter en Chine, a
-  fuité entre les mains de ses supérieurs jésuites à Paris. En fait
-  cette note qui décrivait ses doutes sur la représentation historique
-  du Péché Originel, est déjà parvenue à Rome,en cours d'analyse par la
-  Curie et même déjà entre les mains du Pape Pie XI.
-
-  Rome demande alors aux supérieurs jésuites de Teilhard de réagir
-  vivement contre son interprétation déviante du Péché Originel.
-  Désormais Teilhard doit subir quatre mesures: 1) signer un texte de
-  \ul{rétractation}, ce qu'il fit en 1925, 2) \ul{ne plus enseigner},
-  notamment dans le cadre de sa chaire à l'Institut catholique, 3)
-  \ul{ne plus publier} d'articles ou de livres, hormis dans les domaines
-  scientifiques de la géologie et de la paléontologie et enfin, 4)
-  s'exiler \ul{hors de} \ul{France.}
-
-  \textbf{Teilhard exilé, objet d'honneurs autant que de vexations,}
-
-  \textbf{un grand explorateur du Monde «son laboratoire»}
-
-  En application des sanctions romaines, l'Institut catholique rompt son
-  contrat d'enseignement avec Teilhard, tandis que ses supérieurs
-  jésuites explorent quelques points de chute pour l'exiler aussi loin
-  de Paris que possible, notamment au Liban et en Chine.
-
-  En fait, dès qu'elles sont connues, les sanctions romaines contre
-  Teilhard accélèrent la diffusion sous le manteaude ses écrits, sous
-  forme souvent de simples feuilles ronéotypées à l'alcool. En préparant
-  cette communication, j'ai découvert qu'à Lyon c'est mon grand-oncle
-  \emph{Victor Carlhian,} industriel de la dorure, mais surtout
-  mathématicien \emph{et} philosophe, qui utilisa sa propre imprimerie
-  pour diffuser dans toute la région de multiples copies des œuvres de
-  Teilhard.
-
-  Dès le mois d'avril 1926, c'est finalement en Chine que Teilhard doit
-  repartir pour aller rejoindre Émile Licent. C'est là qu'il écrit
-  \emph{Le Milieu divin}. En 1928, il fait une étude géologique en
-  Somalie avec \emph{Henri de Monfred}. En 1929, il effectue sa dernière
-  fouille avec Émile Licent en Mandchourie, puis travaille désormais
-  pour le Service Géologique de Pékin qui le nomme géologue du chantier
-  de \emph{Choukoutien}, où vient d'être découvert le fameux crâne du
-  \emph{sinanthrope de Pékin}. En 1930, on le retrouve en Mongolie, à
-  Tiensin et à Pékin.
-
-  En 1931, il est invité à être le géologue officiel de la
-  \emph{Croisière Jaune} de Citroën, qui doit relier Paris à Pékin (en
-  remplacement dÉmile Licent qui s'était montré trop exigeant). Teilhard
-  se trouve très à l'aise dans cette périlleuse expédition où,
-  notamment, les membres furent quelques temps prisonniers des Chinois,
-  à Urumchi. La croisière atteint finalement Pékin en février 1932.
-
-  Quelques exemples de vexations subies alors par Teilhard : en 1933,
-  après sa participation à un Congrès de géologie à Washington, il
-  reçoit l'ordre de rejoindre directement Pékin, sans passer par Paris,
-  son projet initial. En 1936, lorsque le Vatican crée l'\emph{Académie
-  des sciences pontificales}, son nom figure sur la liste des futurs
-  académiciens, mais il est finalement biffé par Pie XI. En 1937, alors
-  qu'il se rend aux États-Unis pour recevoir le titre de \emph{Doctor
-  Honoris Causa} d'une université, il reçoit, à la place de son diplôme,
-  l'ordre de quitter immédiatement le pays.
-
-  Ces vexations sont cependant compensées par d'importantes
-  reconnaissances scientifiques: par exemple en mars 1937, au congrès
-  de géologie de Philadelphie, il reçoit la prestigieuse \emph{Médaille
-  Gregor Mendel}. En 1939 il crée et dirige, à Paris, \emph{l'Institut
-  de paléontologie humaine}, un laboratoire rattaché à \emph{l'École
-  pratique des hautes études}.
-
-  \textbf{La seconde guerre mondiale}
-
-  En août 1939, bientôt sexagénaire et non mobilisable, Teilhard demande
-  l'autorisation à ses supérieurs de se retirer une fois encore en
-  Chine, il y restera jusqu'en 1946. Depuis la Chine, Teilhard vécut ce
-  deuxième conflit mondial très mal informé, ce qui explique qu'il eut
-  du mal à en saisir tous les aspects. Avant de quitter la France,
-  Teilhard avait mandaté la philosophe \emph{Jeanne Mortier} pour
-  qu'elle gère au mieux la diffusion «restreinte» de ses écrits qui
-  circulaient activement, malgré l'interdiction romaine.
-
-  À son arrivée en Chine en 1939, Teilhard est d'abord accueilli dans un
-  monastère isolé, il met alors à profit sa solitude pour achever une de
-  ses œuvres maîtresses, celle qui concerne le plus cette
-  communication: \emph{Le Phénomène humain.} De retour dans la capitale
-  chinoise en 1940, il prend la succession du père Licent en créant
-  l'\emph{Institut de géobiologie de Pékin}, puis en 1942, la revue
-  internationale \emph{Geobiologia}. Dans ce cadre urbain chinois, il
-  mène une vie scientifique, intellectuelle très active et passablement
-  mondaine. Cela lui convient parfaitement, seules lui manquent, dit-il,
-  ses expéditions sur le terrain.
-
-  \textbf{Pour Teilhard, la Physique doit impliquer l'Esprit}
-
-  Les connaissances de base en physique «classique» de Teilhard
-  étaient au moins celles d'un professeur de physique au niveau collège,
-  puisque, rappelons-le, à partir de 1905, il enseigna la physique et la
-  chimie au collège jésuite de la Sainte-Famille au Caire.
-
-  La lecture du \emph{Phénomène humain} montre que Teilhard, à l'époque
-  de la Seconde guerre mondiale, bien que la physique ne soit pas sa
-  thématique de recherche, était plus ou moins bien familiarisé avec les
-  nouveaux concepts, advenus au début du XXème siècle. Citons par
-  exemple l'\emph{\textbf{Atome Primitif}} de \emph{Georges Lemaître},
-  qui impliquera plus tard l'existence d'un \emph{Big-Bang} à l'origine
-  des temps; le \emph{\textbf{Quantique}} qui expliquait le
-  comportement du monde atomique, à la suite des travaux de \emph{Max
-  Planck,} \emph{Niels Bohr,} \emph{Albert Einstein}, \emph{Louis de
-  Broglie} \emph{Werner Eisenberg} et d'autresencore; la
-  \emph{\textbf{Relativité}} \emph{\textbf{restreinte}} d'\emph{Henri
-  Poincaré} et d'\emph{Albert Einstein} qui montrait l'équivalence entre
-  l'énergie et la matière; la \emph{\textbf{Relativité générale}}
-  d'\emph{Albert Einstein} qui décrivait sous forme de courbure de
-  l'espace-temps, la gravitation à l'échelle cosmique; ou enfin la
-  \emph{\textbf{statistique des systèmes complexes}}, qui permettait de
-  décrire les changements de phases et le chaos\emph{.}
-
-  Teilhard est tout à fait conscient de ne pas être à la pointe de la
-  physique de son temps et affirme très modestement que s'il n'est pas
-  physicien, il ne peut résister à l'envie de «décrire ce qu'il voit».
-  Ses ouvrages ne prétendent donc pas être des traités de physique, avec
-  des développements logiques soutenus par l'expérience, mais plutôt de
-  présenter une succession d'intuitions supportées par un vocabulaire,
-  que je qualifierai de «teilhardien» en ce sens qu'il ne correspond
-  pas toujours à celui du physicien. Prenons quelques exemples:
-
-  \begin{itemize}
-  \item
-    Teilhard manipule \textbf{deux énergies}: celle qu'il qualifie de
-    \emph{tangentielle}, qui concerne uniquement la matière et
-    s'identifie donc à l'énergie habituelle du physicien, mais aussi une
-    énergie \emph{radiale}, de nature purement spirituelle, qui attire
-    les systèmes matériels vers des états de plus en plus complexes et «
-    \emph{centrés}».
-  \item
-    Il se réfère par ailleurs à \textbf{trois infinis}: les deux
-    infinis spatiaux de Pascal, \emph{l'infiniment petit} et
-    \emph{l'infiniment grand} mais aussi un \emph{infiniment complexe},
-    sans toutefois clairement définir la mesure de cette complexité.
-  \item
-    Aux \textbf{forces} classiques du physicien, Teilhard ajoute des
-    \emph{\textbf{forces d'union}}, de natures purement spirituelles,
-    qui font que «le tout est toujours plus que les parties».
-  \item
-    Teilhard enfin repose l'essentiel de ses visions cosmiques sur
-    l'existence d'une \emph{\textbf{noosphère}}, un néologisme qu'il
-    créa avec Édouard Le Roy, en 1922, après que tous deux aient suivi,
-    en Sorbonne, le cours sur la biosphère de Vladimir Vernadski: la
-    noosphère est la «nappe pensante» de la biosphère (en grec,
-    \emph{noos} est l'esprit), elle est donc elle aussi de nature
-    purement spirituelle.
-  \item
-    Le \textbf{chaos} associé à l'ultra-complexité, est pour Teilhard
-    une nécessité permettant la \emph{\textbf{création continue}} au
-    sein de l'univers \emph{Esprit-Matière}. Il croit de plus, que dans
-    cet univers seule la \emph{face spirituelle} du Monde est
-    \emph{réelle}, ce qui induit que sa \emph{face matérielle} ne serait
-    en fait qu'une \emph{illusion.}
-  \end{itemize}
-
-  \textbf{La Cosmogénèse de Teilhard}
-
-  Dans un graphe à deux dimensions, avec en ordonnées la taille de
-  l'objet et en abscisses son degré de complexité, Teilhard aimait
-  explorer l'Univers dans le sens des complexités croissantes, depuis
-  les particules élémentaires (10\textsuperscript{-15} mètre), en
-  passant par les atomes, les molécules, les virus, les microbes, les
-  animaux et l'Homme (1 mètre) et en poursuivant jusqu'à la Terre, le
-  Soleil, la galaxie et finalement l'Univers «connu» (estimé à plus de
-  10\textsuperscript{25} mètres). Après la complexité de l'Homme, qui
-  occupe bien sûr la place centrale de son graphe, apparaissent les
-  complexités croissantes des villes, des systèmes sociaux et culturels,
-  des modèles politiques, de la mondialisation \ldots{} Finalement, à la
-  fin de l'évolution du système Monde, Teilhard propose que l'Univers
-  atteigne le point de convergence ultime de la noosphère: le fameux
-  \emph{\textbf{Point Omega}}, qui pour Teilhard ne peut être que
-  \emph{Dieu} lui-même.
-
-  En parcourant toutes les échelles de complexités, par transitions de
-  phases successives, depuis celle des particules élémentaires jusqu'à
-  celle du cerveau humain, Teilhard voit la matière se transformer en
-  esprit. Il suggère ainsi que même dans l'atome il doit y avoir une
-  étincelle d'esprit! Quant à la conscience et à la pensée réfléchie
-  (\emph{l'Homme sait qu'il sait}), Teilhard y voit l'action des forces
-  d'union qui accompagnent la montée en complexité des systèmes.
-
-  Ainsi pour Teilhard, le cosmos est en perpétuelle dynamique (en
-  cosmogénèse) évoluant par seuils : tant qu'il n'a pas atteint le point
-  Omega, le cosmos est instable et inachevé. En convergeant vers le
-  Point Omega, la noosphère, dit-il, sort de l'espace-temps, un argument
-  qui sous-entend que le concept de temps est sans doute trompeur:
-  Teilhard croit en effet que l'Homme appartient à tout l'Univers, son
-  passé, son présent et même son avenir.
-
-  Du point de vue religieux, Teilhard pense qu'au cours de cette
-  cosmogénèse, Dieu n'a pas réitéré ses interventions, mais qu'Il a fait
-  évoluer la création «de l'intérieur» plutôt que de l'extérieur.
-  Ainsi Teilhard ne croyait pas à l'histoire d'Adam et Ève et du
-  \emph{Péché Originel}, telle qu'elle est racontée dans la
-  \emph{Genèse}, ce fut d'ailleurs la source de tous ses problèmes
-  théologiques avec Rome.
-
-  \textbf{Les dernières années de Teilhard}
-
-  En 1946, Teilhard est diplomatiquement obligé de quitter la Chine. À
-  son arrivée à Paris il découvre une France très différente de celle
-  qu'il avait quittée: les Français lui semblent fortement ébranlés par
-  la guerre et surtout très divisés.
-
-  Une série d'honneurs scientifiques lui sont alors attribués:
-
-  \begin{itemize}
-  \item
-    En 1947, il est promu \emph{officier de la Légion d'honneur,} mais
-    cette fois-ci, \emph{pour services éminents rendus au rayonnement
-    intellectuel et scientifique français}.
-  \item
-    Cette même année, le \emph{Collège de France} lui propose de
-    candidater sur la chaire laissée vacante par l'abbé Breuil.
-  \item
-    En 1948, Teilhard est élu membre non-résident de l'\emph{Académie
-    des sciences}, dans la section minéralogie
-  \end{itemize}
-
-  Dans ce contexte d'honneurs médiatisés, Teilhard devient, à son insu,
-  la coqueluche des cercles progressistes, aussi bien catholiques
-  qu'athées et corolairement, la bête noire des cercles intégristes. Par
-  ailleurs, il en choque plus d'un par son attitude optimiste vis-à-vis
-  des armes nucléaires, en particulier en 1950, pour son refus de signer
-  \emph{l'Appel de Stockholm} pour l'interdiction de ces armes, lancé
-  par \emph{Joliot Curie}.
-
-  Teilhard pense alors, en octobre 1948, que c'est pour lui le bon
-  moment pour se rendre de nouveau à Rome pour plaider sa cause sur deux
-  autorisations qui le tiennent particulièrement à cœur: celle de
-  publier son \emph{Phénomène humain} et celle d'enseigner, dans le
-  cadre de la chaire qui lui est proposée au \emph{Collège de France}. À
-  sa grande stupéfaction, Pie XII refuse ses demandes et prolonge les
-  deux interdictions. Teilhard écrit alors à ses amis «\emph{il grêle
-  sur Fourvière, mais quitter l'ordre serait du suicide}». En effet,
-  Teilhard pense que l'hostilité du Pape vise aussi quelques autres
-  jésuites lyonnais. Il décide alors d'assurer la publication
-  \emph{post-mortem} de ses œuvresen rédigeant un \emph{testament}
-  (pratique très inhabituelle pour un père jésuite) léguant toutes ses
-  œuvres à Jeanne Mortier et part en 1951 pour son dernier exil aux
-  États-Unis.
-
-  À New York, il est scientifiquement accueilli par la \emph{Werner-Gren
-  foundation for anthropological research,} qui va lui financer de
-  nombreuses missions, notamment deux en Afrique du Sud, une région de
-  plus en plus attirante pour ceux qui cherchent l'origine de l'Homme.
-  Par ailleurs, en 1952, Teilhard est invité à visiter les cyclotrons de
-  Berkeley, cela lui procure une forte impression: il écrit «\emph{je
-  ne suis pas physicien, mais étant étudiant de la Vie, je suis saisi
-  par ces briseurs d'atomes}».
-
-  C'est un jour de Pâques, le 10 avril 1955, que Teilhard meurt
-  subitement chez des amis à New York. L'ambassadeur de France aux
-  États-Unis se souvint alors que, quelques temps au paravent, Teilhard
-  lui avait confié \emph{«je voudrais mourir le jour de la
-  Résurrection».} Après qu'une dizaine de personnes seulement aient
-  assisté à la cérémonie religieuse, Teilhard est enterré au cimetière
-  jésuite de \emph{Poughkeepsie} dans l'État de New York. Dans ce
-  cimetière perdu dans la vallée de l'Hudson, il n'y a parait-il qu'une
-  seule tombe qui soit toujours fleurie, celle où l'on peut lire, gravé
-  sur marbre blanc\emph{« P.PETRUS TEILHARD de CHARDIN S.J. * NATUS 1
-  MAI 1881 * INGRESSUS 19 MAR 1899 * OBIIT 10 APR 1955}».
-
-  \textbf{La publication \emph{post-mortem} des œuvres de Teilhard par
-  Jeanne Mortier}
-
-  Depuis 1951, l'héritière Jeanne Mortier préparait la campagne de
-  publication des œuvres de Teilhard, encore interdites par le Vatican,
-  en mettant sur pied des comités composés de «hautes personnalités»
-  patronnant les publications.
-
-  \begin{itemize}
-  \item
-    Elle les plaça tout d'abord sous le \emph{Haut Patronage} de la
-    Reine Marie-José de Belgique\emph{.}
-  \item
-    Puis elle composa un \emph{Comité Scientifique} de 32 membres, parmi
-    les quels on trouve Henri Breuil, Louis et Maurice de Broglie,
-    Julian Huxley, Louis Leprince Ringuet, Théodore Monod et un
-    professeur de la Faculté des Sciences de Lyon: Jean Viret
-  \item
-    Elle composa enfin un \emph{Comité Général} de 28 membres, parmi
-    lesquels on trouve Jeanne Mortier, cinq membres de la famille
-    Teilhard de Chardin, Robert Aron, Gaston Bachelard, Gaston Berger,
-    Georges Duhamel, André Malraux, Jacques Rueff, Léopold Senghor et un
-    professeur du Lycée du Parc de Lyon: Jean Lacroix.
-  \end{itemize}
-
-  C'est ainsi que les éditions du Seuil purent publier, dès 1955,
-  \emph{Le Phénomène Humain,} puis la plupart des œuvresde Teilhard :
-  \emph{L'Apparition de l'Homme, La vision du Passé, Le Milieu Divin,
-  L'avenir de l'Homme, l'Énergie Humaine, \ldots{}} Les éditions
-  Grasset, quant à elles, publièrent différents recueils des
-  innombrables lettres que Teilhard écrivit tout au long de sa vie à sa
-  famille, à ses amis, à sa cousine \emph{Marguerite Teillard-Chambon}
-  et à ses amies, \emph{Lucile Swan,} sculptrice américaine et \emph{Ida
-  Treat}, paléontologue américaine.
-
-  \textbf{Y-a-t-il aujourd'hui d'autres théories cosmologiques se
-  référant à l'Esprit?}
-
-  Je voudrais compléter cette revue de la cosmogénèse de Teilhard, par
-  l'évocation des travaux de quelques rares physiciens contemporains qui
-  n'excluent pas le rôle de la conscience dans l'évolution de l'Univers,
-  en particulier ceux du mathématicien-physicien \emph{Roger PENROSE}
-  et, tout récemment, ceux de la nano-physicienne \emph{Maria STRØMME}.
-
-  Sir \textbf{Roger PENROSE} est un grand penseur de notre temps, né en
-  Grande Bretagne en 1931, il est aujourd'hui professeur émérite de
-  l'Université de Cambridge. Mathématicien, physicien très productif, il
-  est aussi impliqué dans la compréhension de la conscience et de
-  l'esprit. Lauréat du Prix Nobel 2020 pour ses travaux sur la formation
-  des trous noirs, il rédigea en 2004 un ouvrage de synthèse de ses
-  travaux, de plus de mille pages, intitulé \emph{The road to reality}
-  qui a été traduit en français en 2007, sous le titre \emph{À la
-  découverte des lois de l'univers} aux Éditions \emph{Odile Jacob.}
-  Dans son dernier chapitre, Penrose discute du \emph{rôle du monde
-  mental dans les théories physiques.} Il voit un Univers composé de
-  trois mondes: un \emph{monde mathématique} qui domine tout et permet
-  en particulier de formaliser le comportement du \emph{monde physique,}
-  dont une fraction infime, le cerveau humain, a accès au \emph{monde
-  mental}, dont une infime partie permet d'accéder à la vérité
-  mathématique absolue. Après avoir longtemps travaillé sur de possibles
-  aspects quantiques dans le fonctionnement du cerveau, Penrose présente
-  sa vision de l'Univers, son \emph{préjugé,} dans lequel le mode de
-  communication entre ces trois mondes, le mathématique, le physique et
-  le mental, reste un \emph{profond mystère.} Dans son schéma
-  triangulaire reliant ces mondes, Penrose voit émerger \emph{l'idéal
-  absolu du vrai, du beau et du bien, ainsi que la moralité du bien et
-  du mal} (une sorte de noosphère à la Teilhard?).
-
-  \textbf{Maria STRØMME} est d'une autre génération, née en 1970 en
-  Norvège, elle dirige actuellement en Suède, un laboratoire de
-  nanotechnologies à l'Université d'Uppsala. Elle vient de publier un
-  article dans la revue \emph{American Institut of Physics - AIP
-  Advances,} daté du 15 novembre 2025, intitulé \emph{Universal
-  consciousness as fundational field a theoretical bridge between
-  quantum physics and non-dual philosophy.} Cet essai a pour ambition
-  d'utiliser la théorie quantique des champs pour intégrer l'esprit, la
-  conscience et la pensée dans une vision cosmique de l'Univers,
-  applicable depuis le Big Bang jusqu'à aujourd'hui. Cet article
-  théorique me semble utiliser les outils de la théorie du boson de
-  Higgs qui permet d'expliquer la masse des particules. En effet Maria
-  Strømme décrit un scenario cosmogénique où l'Univers est un champ
-  scalaire, un \emph{Champ de Conscience} universel, dont les états sont
-  restés indifférenciés jusqu'à l'avènement du Big Bang. Elle explique
-  qu'à cet instant, où apparait l'Espace-Temps, intervient la
-  différentiation des différents états de conscience. Des états
-  localisés et individuels du champ de conscience émergent alors par
-  collapse des états différenciés avec la \emph{Pensée Universelle.}
-  Ainsi aujourd'hui les êtres conscients, via leurs pensées
-  individuelles, ont l'illusion d'avoir des états de conscience
-  individuels. Quel sera l'avenir de cette théorie? Elle me semble
-  aujourd'hui manquer des incontournables \emph{observables} requises
-  pour toute validation d'une théorie.
-
-  \textbf{Conclusion}
-
-  Je crois comprendre aujourd'hui pourquoi à mes vingt ans, avant de me
-  lancer moi-même dans la recherche, je fus marqué par la lecture du
-  \emph{Phénomène humain,} un message plein d'optimisme et aussi de
-  conviction en la valeur de la recherche scientifique, source de
-  progrès pour l'humanité. Bien que le \emph{poilu} Teilhard avait
-  enduré l'horreur des tranchées, il proposait dans ses œuvres une
-  évolution très positive non seulement de l'Humanité, qui deviendrait
-  une \emph{super humanité}, mais aussi du Cosmos, dont la face
-  matérielle tendrait à s'effacer devant l'accumulation des
-  connaissances et de l'esprit. Il est vrai que Teilhard s'attachait
-  plus à exposer, plutôt qu'à démontrer, sa vision de la cosmogénèse;
-  néanmoins, un tel sens et une telle finalité, donnés à l'évolution de
-  l'Univers, avaient de quoi séduire ses lecteurs, en des temps
-  fortement marqués par la brutalité des récentes guerres mondiales.
-
-  Teilhard avait su détecter très précocement une source de progrès
-  naissante: l'apparition des premiers ordinateurs qu'il qualifiait
-  d'\emph{extraordinaires machines électroniques par lesquelles notre
-  pouvoir mental de calculer et de combiner se trouve multiplié dans des
-  proportions qui annoncent des accroissements merveilleux.} Il
-  prophétisait par cette intuition la prochaine mise à disposition des
-  cerveaux humains de logiciels de plus en plus performants opérant dans
-  des ordinateurs de plus en plus rapides et puissants et finalement
-  l'invention du \emph{WEB} (par les chercheurs du CERN) et aujourd'hui
-  l'arrivée en trombe de \emph{l'Intelligence Artificielle}. Cette
-  évolution fulgurante des moyens accordés au cerveau de tout un chacun
-  est certainement un des \emph{seuils de complexité} que Teilhard
-  aurait aimé décrire dans son modèle de cosmogénèse. D'autres domaines
-  ont été recensés dans lesquels Teilhard fut très en avance sur son
-  temps, notamment l'\textbf{écologie} (il fut en effet parmi les
-  premiers à s'inquiéter de l'épuisement des ressources finies de notre
-  planète) et le \textbf{féminisme}, tant il a décrit l'indispensable
-  complémentarité homme / femme dans le domaine qui le concernait:
-  celui de la création scientifique et intellectuelle.
-
-  On peut enfin se demander si Teilhard de Chardin a vraiment été
-  réhabilité, notamment par l'Église. Il faut d'abord saluer le travail
-  de fond qui a été fait après sa mort par les nombreux \emph{Cercles
-  Teilhard de Chardin} créés pour faire connaitre et étudier ses œuvres,
-  que ce soit à Paris, à Lyon, à New York où ailleurs. J'ai eu la
-  chance, lors d'un voyage aux États-Unis en 2024, d'être mis en
-  relation avec le moine bénédictin belge \emph{R. F. Poswick} qui est
-  un des animateurs du cercle de New York et édite la revue
-  \emph{Veilleur} qui fait une large place aux idées de Teilhard. C'est
-  enfin un jésuite, le \emph{Pape François,} qui lors d'un de ses
-  derniers voyages à l'étranger, en septembre 2023 en Mongolie, rendit
-  un vibrant hommage à Teilhard en rappelant qu'un siècle plus tôt,
-  Teilhard était en ces lieux, en train de chercher des fossiles. Le
-  Pape François décéda le 21 avril 2025, c'était un lundi de Pâques
-  \ldots{} le lendemain du jour de la Résurrection.
-
-  \textbf{Remerciements}
-
-  Je tiens à remercier pour son aide, le frère \emph{R.-Ferdinand
-  Poswick}, osb, qui a suscité la première rencontre des amis Français
-  et Américains de Teilhard autour de sa tombe et le colloque dont les
-  actes ont été publiés depuis lors aux \emph{Éditions Saint-Léger} sous
-  le titre \emph{Pierre Teilhard de Chardin-La Messe sur le Monde-Le
-  Centenaire, Colloque international, New-York -Poughkeepsie, 16-22
-  octobre 2023.} Merci aussi à mes confrères, le père jésuite
-  \emph{Dominique Gonnet}, pour m'avoir ouvert son immense bibliothèque
-  et à \emph{Philippe Mikaeloff} et \emph{Laurent Thirouin} pour leur
-  recherche de documents audiovisuels sur Teilhard.
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extr.py

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