\section*{Kangxi, empereur: le retour des jésuites} Kangxi (1654-1722) devient empereur en 1661 (à 7 ans). Il est soumis à une régence jusqu'en 1669, où, à l'age de 15 ans, il se saisit du pouvoir. Pendant ce temps, le bureau d'astronomie semble avoir été aux mains d'un personnel peu compétent. Les jésuites reviennent sur le devant de la scène à la suite d'une compétition (en principe organisée par Kangxi lui-même): calculer la longueur de l'ombre d'un gnomon à une heure donnée, un jour donné, compétition qu'ils remportent. Ferdinand Verbiest (1623-1688) est alors nommé \textit{Astronome Impérial}. Kangxi demande à Ferdinand Verbiest de lui enseigner les sciences européennes: ce seront des cours de géométrie, de trigonométrie et de trigonométrie \emph{sphérique}, ce qui semble indiquer que la carographie était déjà envisagée, car sinon on ne voit pas pourquoi s'être intéressé à la trigonométrie \emph{sphérique}, plutôt rébarbative. \subsection*{Le règne de Kangxi} Le règne de Kangxi est incontestablement une époque faste pour la dynastie Qing et pour la Chine. Après 1681, la Chine sort de la période de violence consécutive à la conquête mandchoue. L'empereur, devenu profondément chinois tout autant que mandchou, fin connaisseur des classiques, obtient un ralliement progressif des élites. Une réforme fiscale favorise largement les paysans tandis que les agronomes introduisent les plantes américaines et mettent en cultures des terres jusque là en friche. Plus tard, au XVIII\ieme{} siècle, selon les historiens spécialistes de cette époque (voir par exemple \cite{gernetmonde}), un paysan chinois sera beaucoup plus riche qu'un paysan français, mais aussi, des écoles ayant été développées, plus instruit,. De grands travaux intellectuels sont réalisés; citons entre autres la réalisation d'un dictionnaire (47 035 caractères), l'écriture de l'histoire des Ming et l'édition \og{}complète\fg{} des poèmes de l'époque Tang\footnote{Dynastie Tang: 618-907.} (48~900 poèmes par 2~200 auteurs). Les auteurs de ces travaux sont recrutés par concours. Le grand historien de la Chine, Jacques Gernet qualifiera Kangxi de \textit{despote éclairé} (voir \cite{gernetmonde}).