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  119. % \titre{17 mars 2026}{Conmmunication}{Joseph Remillieux}{membre
  120. % titulaire}{Pierre Teilhard de Chardin: que reste-t-il aujourd hui de
  121. % ses intuitions cosmologiques?}{Pierre Teilhard de Chardin}
  122. \input{titre}
  123. \label{314569deb780d7634dbdd003071384564fa9f64c}
  124. Soixante-cinq ans après ma première lecture du \emph{Phénomène
  125. Humain}, j'ai voulu comprendre pourquoi cet écrit de Pierre Teilhard
  126. de Chardin avait passionné l'étudiant que j'étais alors, avant que je
  127. ne sois engagé dans des recherches en physique du noyau de l'atome et
  128. de ses particules. Teilhard est avant tout un père jésuite, un grand
  129. mystique, mais aussi un chercheur de terrain en géologie et en
  130. paléontologie. Cette communication a pour modeste ambition de ne
  131. revisiter que les intuitions cosmologiques de Teilhard, telles
  132. qu'elles sont exprimées dans son ouvrage \emph{Le} \emph{Phénomène
  133. Humain}, laissant à d'autres, plus compétents, la discussion des
  134. aspects plus spécifiquement mystiques et paléontologiques de son
  135. œuvre. Pour comprendre l'originalité de la carrière scientifique de
  136. Teilhard autant que le destin fortement contrarié dans laquelle elle
  137. s'est déroulée, il faut rappeler quelques points clef de sa
  138. biographie. Et pour apprécier ce qui reste de ses intuitions
  139. cosmologiques, il faudra les comparer aux travaux des très rares
  140. physiciens contemporains qui s'aventurent dans l'introduction de
  141. considérations cognitives ou spirituelles au côté des deux «modèles
  142. standards», celui des particules élémentaires et celui de la
  143. cosmologie, actuellement reconnus pour décrire la nature et le
  144. comportement de la matière, depuis l'échelle des particules jusqu'à
  145. celle de l'Univers.
  146. \section*{Enfance et formation de Teilhard}
  147. Pierre Teilhard de Chardin nait le 1\ier mai 1881, au
  148. \emph{château de Sarcenat}, une gentilhommière sise à Orcines, près de
  149. Clermont-Ferrand. Il est le quatrième enfant d'une fratrie qui en
  150. comprendra onze. Sa petite enfance est très marquée par le style de
  151. vie de la petite noblesse auvergnate de ses parents: c'est sa mère,
  152. \emph{Berthe-Adèle de Dompierre d'Hernoy}, qui par l'assiduité et la
  153. sincérité de sa pratique religieuse éveillera la future vocation de
  154. son fils au sein de la Compagnie de Jésus et c'est son père,
  155. \emph{Emmanuel Teilhard de Chardin}, un ancien élève de l'\emph{École
  156. des Chartes,} par ailleurs naturaliste éclairé, qui éveillera sa
  157. vocation de chercheur scientifique.
  158. Dès 1892, lorsque ses parents le mettent en pension au \emph{collège
  159. jésuite de Mongré}, près de Villefranche, Pierre est très vite séduit
  160. par la spiritualité jésuite et déclare bientôt qu'il désire commencer
  161. les douze ans de préparation nécessaires pour intégrer la Compagnie de
  162. Jésus. Après avoir effectué en 1900 son noviciat à Aix-en-Provence, il
  163. prononce ses premiers vœux à Laval en 1901. Interviennent alors les
  164. \emph{Lois d'exception} laïques\emph{,} qui forcent les jésuites à se
  165. replier en Grande Bretagne. C'est ainsi que Pierre termine son
  166. \emph{juvénat} et commence son \emph{scolasticat} sur l'île de
  167. \emph{Jersey.} Parallèlement il se passionne pour l'exploration
  168. scientifique de l'île dont il découvre la géologie, la flore et la
  169. faune.
  170. En 1905, Pierre commence ses trois années de \emph{régence} dans le
  171. collège jésuite de la \emph{Sainte famille a}u Caire. Il a aussi pour
  172. charge d'enseigner aux élèves la physique et la chimie. C'est pour lui
  173. un séjour très heureux, car d'une part il aime enseigner et d'autre
  174. part il a toute liberté pour explorer les déserts de son
  175. environnement. C'est alors qu'il découvre des fossiles inconnus qui
  176. porteront son nom(un genre \emph{Teilhardia} et une espèce
  177. \emph{Teilhardi}) et qui sont l'objet de sa première publication
  178. scientifique. Il est tellement passionné par cette découverte, qu'il
  179. s'interroge sur sa réelle vocation: est-elle celle d'un père jésuite
  180. ou plutôt celle d'un chercheurscientifique ? C'est alors qu'il
  181. tranche définitivement sur son avenir: il sera un chercheur-jésuite!
  182. Après ce séjour au Caire, Teilhard rejoint l'Angleterre, au manoir
  183. jésuite d'\emph{Ore Place,} à Hastings dans le Sussex: il y achève sa
  184. formation religieuse et est ordonné prêtre le 24 août 1911.
  185. \section*{Le piège de l'\emph{Homme de Piltdown}}
  186. Pendant son séjour à Hastings, Teilhard est invité en juin 1912, par
  187. les paléontologues Charles Dawson et Arthur Woodward à visiter le site
  188. de \emph{Piltdown,} au sud de Londres, où Dawson avait déclaré avoir
  189. découvert un crâne qui pourrait être le fossile du fameux «chaînon
  190. manquant» prévu dans \emph{l'Origine des espèces} de Darwin. Cette
  191. soi-disant découverte eut un retentissement mondial important dans un
  192. contexte où les Britanniques se sentaient frustrés par les récentes
  193. découvertes allemandes et françaises concernant \emph{l'homme de
  194. Néandertal}. Heureusement Teilhard se montre dès le début sceptique
  195. devant cet échantillon, auquel il ne fit d'ailleurs jamais référence
  196. durant toute sa carrière de paléontologue. Ce n'est qu'en 1953 que fut
  197. prouvé que le crâne de l'homme de Piltdown était un faux, associant un
  198. crâne humain à une mandibule d'orang-outan. En 1954, un an avant la
  199. mort de Teilhard, l'identité du faussaire fut enfin révélée, il
  200. s'agissait de \emph{Martin Hinton}, un étudiant de \emph{Woodward,}
  201. qui en voulait à son patron.
  202. Cette grave imposture scientifique pesa néanmoins assez peu sur la
  203. réputation scientifique de Teilhard en paléontologie, bien que
  204. certains suspectèrent, bien à tort, cet étrange «étudiant français en
  205. théologieà Hastings » d'avoir trempé dans le complot.
  206. \section*{Formation scientifique à Paris, au Muséum d'histoire
  207. naturelle et à l'Institut catholique}
  208. De séjour à Paris de 1912 à 1914, Teilhard saisit l'occasion
  209. d'approfondir sa formation scientifique théorique en suivant les cours
  210. de géologie du sulpicien \emph{Henri Breuil} à l'Institut catholique
  211. tout en participant à des recherches expérimentales en paléontologie
  212. sous la conduite de \emph{Marcellin Boule}, le directeur du Muséum
  213. d'histoire naturelle.
  214. Il est alors envoyé sur le site d'une fouille à Santander, en Espagne,
  215. dans le cadre d'une mission financée par \emph{l'Institut de
  216. Paléontologie humaine}, un organisme qui venait d'être créé par
  217. Marcellin Boule, Henri Breuil et Albert 1\ier{} de
  218. Monaco.
  219. \section*{Première guerre mondiale}
  220. Teilhard est en Inde lorsque parait l'ordre de mobilisation générale
  221. des Français. Bien qu'à son conseil de révision il ait été réformé,
  222. pour cause «d'insuffisance physique», il décide de rejoindre
  223. Clermont-Ferrand, sa ville de recrutement. Il n'a pas à insister
  224. beaucoup pour que son vœu de devenir brancardier soit finalement
  225. accepté: il est mobilisé dès le mois de décembre 1914 dans la
  226. 13\ieme{} section d'infirmier de Clermont.
  227. Sur le front, son courage exceptionnel est aussitôt reconnu: dès
  228. 1915, il est l'objet d'une première citation \emph{à l'ordre de sa
  229. Division}, puis, en 1916, d'une seconde citation \emph{à l'ordre de
  230. l'Armée} et enfin, en juin 1917, il reçoit la \emph{Médaille
  231. militaire}.À la suite de cette décoration, on lui propose d'être promu
  232. «Aumônier-capitaine». Mais Il refuse catégoriquement, car cette
  233. promotion le priverait de son engagement de brancardier sur le front.
  234. C'est d'ailleurs au titre de «brancardier d'élite » qu'il sera nommé
  235. \emph{Chevalier de la légion d'honneur e}n 1921.
  236. Désormais «brancardier honoraire», quelques semaines après que son
  237. frère Olivier ait été tué au combat, au Mont Kemmel, Teilhard rejoint
  238. Ste-Foy-les-Lyon le 26 mai 1918, pour y prononcer ses vœux solennels.
  239. Démobilisé en 1919, Teilhard après avoir vécu les pires horreurs de la
  240. guerre, notamment en octobre 1916, à la reprise du fort de Douaumont,
  241. analyse ces années de guerre avec un étonnant optimisme: il y voit
  242. une nécessité cosmique, un changement de phase nécessaire à la
  243. progression de l'humanité.
  244. \section*{Après-guerre, l'obtention d'un doctorat scientifique}
  245. De retour à Paris, Teilhard a alors la ferme volonté, malgré sa grande
  246. lassitude,de perfectionner sa formation scientifique supérieure.
  247. C'est ainsi qu'il obtient trois certificats de licence: deux en 1919,
  248. en géologie et en botanique, puis un en 1920, en zoologie, tout en
  249. préparant une thèse à l'Institut catholique où il a été nommé Maître
  250. de conférences en géologie. C'est le 22 mars 1922, qu'il soutient sa
  251. thèse en Sorbonne sur « \emph{Les carnassiers des phosphorites du
  252. Quercy}». Un précieux sésame pour être titularisé dans la Chaire de
  253. géologie de l'Institut catholique.
  254. Teilhard, fin 1922, semble particulièrement bien armé pour débuter une
  255. brillante carrière religieuse et scientifique: il est père jésuite,
  256. héros de la Grande guerre, titulaire d'une chaire universitaire et
  257. chercheur au Muséum. L'avenir montrera que ce ne sera pas si simple
  258. pour lui.
  259. \section*{Première mission scientifique en Chine (1923-1924)}
  260. C'est alors que Marcellin Boule qui déplorait depuis plusieurs années
  261. le peu de connaissances paléontologiques en provenance de l'Asie,
  262. décide de mandater son plus brillant étudiant au Muséum, Teilhard,
  263. pour conduire une mission d'un an en Chine. En avril 2023, Teilhard
  264. quitte donc Paris pour aller rejoindre les chantiers de fouilles du
  265. jésuite \emph{Émile Licent} à \emph{Tientsin} sur le Fleuve jaune. En
  266. mars 1924 Lucent et Teilhard organisent des fouilles en Mongolie
  267. orientale. Les collectes en Chine et en Mongolie ont été très
  268. abondantes, des tonnes de fossiles, Teilhard en expédie une fraction
  269. au Muséum. Boule est enchanté et signe aussitôt, en accord avec
  270. l'Institut catholique, une prolongation d'un an du financement de la
  271. mission de Teilhard en Chine.
  272. \section*{Premier conflit avec sa hiérarchie}
  273. Lorsqu'en octobre 1924 Teilhard rentre très heureux à Paris pour
  274. reprendre ses cours à l'Institut catholique, il sent bien vite une
  275. certaine hostilité et réalise qu'une copie d'une note qu'il avait
  276. griffonnée en 1922, à l'attention privée de quelques confrères
  277. jésuites, avec lesquels il avait l'habitude de discuter en Chine, a
  278. fuité entre les mains de ses supérieurs jésuites à Paris. En fait
  279. cette note qui décrivait ses doutes sur la représentation historique
  280. du Péché Originel, est déjà parvenue à Rome,en cours d'analyse par la
  281. Curie et même déjà entre les mains du Pape Pie XI.
  282. Rome demande alors aux supérieurs jésuites de Teilhard de réagir
  283. vivement contre son interprétation déviante du Péché Originel.
  284. Désormais Teilhard doit subir quatre mesures: 1) signer un texte de
  285. \ul{rétractation}, ce qu'il fit en 1925, 2) \ul{ne plus enseigner},
  286. notamment dans le cadre de sa chaire à l'Institut catholique, 3)
  287. \ul{ne plus publier} d'articles ou de livres, hormis dans les domaines
  288. scientifiques de la géologie et de la paléontologie et enfin, 4)
  289. s'exiler \ul{hors de} \ul{France.}
  290. \section*{Teilhard exilé, objet d'honneurs autant que de vexations,
  291. un grand explorateur du Monde «son laboratoire»}
  292. En application des sanctions romaines, l'Institut catholique rompt son
  293. contrat d'enseignement avec Teilhard, tandis que ses supérieurs
  294. jésuites explorent quelques points de chute pour l'exiler aussi loin
  295. de Paris que possible, notamment au Liban et en Chine.
  296. En fait, dès qu'elles sont connues, les sanctions romaines contre
  297. Teilhard accélèrent la diffusion sous le manteaude ses écrits, sous
  298. forme souvent de simples feuilles ronéotypées à l'alcool. En préparant
  299. cette communication, j'ai découvert qu'à Lyon c'est mon grand-oncle
  300. \emph{Victor Carlhian,} industriel de la dorure, mais surtout
  301. mathématicien \emph{et} philosophe, qui utilisa sa propre imprimerie
  302. pour diffuser dans toute la région de multiples copies des œuvres de
  303. Teilhard.
  304. Dès le mois d'avril 1926, c'est finalement en Chine que Teilhard doit
  305. repartir pour aller rejoindre Émile Licent. C'est là qu'il écrit
  306. \emph{Le Milieu divin}. En 1928, il fait une étude géologique en
  307. Somalie avec \emph{Henri de Monfred}. En 1929, il effectue sa dernière
  308. fouille avec Émile Licent en Mandchourie, puis travaille désormais
  309. pour le Service Géologique de Pékin qui le nomme géologue du chantier
  310. de \emph{Choukoutien}, où vient d'être découvert le fameux crâne du
  311. \emph{sinanthrope de Pékin}. En 1930, on le retrouve en Mongolie, à
  312. Tiensin et à Pékin.
  313. En 1931, il est invité à être le géologue officiel de la
  314. \emph{Croisière Jaune} de Citroën, qui doit relier Paris à Pékin (en
  315. remplacement dÉmile Licent qui s'était montré trop exigeant). Teilhard
  316. se trouve très à l'aise dans cette périlleuse expédition où,
  317. notamment, les membres furent quelques temps prisonniers des Chinois,
  318. à Urumchi. La croisière atteint finalement Pékin en février 1932.
  319. Quelques exemples de vexations subies alors par Teilhard : en 1933,
  320. après sa participation à un Congrès de géologie à Washington, il
  321. reçoit l'ordre de rejoindre directement Pékin, sans passer par Paris,
  322. son projet initial. En 1936, lorsque le Vatican crée l'\emph{Académie
  323. des sciences pontificales}, son nom figure sur la liste des futurs
  324. académiciens, mais il est finalement biffé par Pie XI. En 1937, alors
  325. qu'il se rend aux États-Unis pour recevoir le titre de \emph{Doctor
  326. Honoris Causa} d'une université, il reçoit, à la place de son diplôme,
  327. l'ordre de quitter immédiatement le pays.
  328. Ces vexations sont cependant compensées par d'importantes
  329. reconnaissances scientifiques: par exemple en mars 1937, au congrès
  330. de géologie de Philadelphie, il reçoit la prestigieuse \emph{Médaille
  331. Gregor Mendel}. En 1939 il crée et dirige, à Paris, \emph{l'Institut
  332. de paléontologie humaine}, un laboratoire rattaché à \emph{l'École
  333. pratique des hautes études}.
  334. \section*{La seconde guerre mondiale}
  335. En août 1939, bientôt sexagénaire et non mobilisable, Teilhard demande
  336. l'autorisation à ses supérieurs de se retirer une fois encore en
  337. Chine, il y restera jusqu'en 1946. Depuis la Chine, Teilhard vécut ce
  338. deuxième conflit mondial très mal informé, ce qui explique qu'il eut
  339. du mal à en saisir tous les aspects. Avant de quitter la France,
  340. Teilhard avait mandaté la philosophe \emph{Jeanne Mortier} pour
  341. qu'elle gère au mieux la diffusion «restreinte» de ses écrits qui
  342. circulaient activement, malgré l'interdiction romaine.
  343. À son arrivée en Chine en 1939, Teilhard est d'abord accueilli dans un
  344. monastère isolé, il met alors à profit sa solitude pour achever une de
  345. ses œuvres maîtresses, celle qui concerne le plus cette
  346. communication: \emph{Le Phénomène humain.} De retour dans la capitale
  347. chinoise en 1940, il prend la succession du père Licent en créant
  348. l'\emph{Institut de géobiologie de Pékin}, puis en 1942, la revue
  349. internationale \emph{Geobiologia}. Dans ce cadre urbain chinois, il
  350. mène une vie scientifique, intellectuelle très active et passablement
  351. mondaine. Cela lui convient parfaitement, seules lui manquent, dit-il,
  352. ses expéditions sur le terrain.
  353. \section*{Pour Teilhard, la Physique doit impliquer l'Esprit}
  354. Les connaissances de base en physique «classique» de Teilhard
  355. étaient au moins celles d'un professeur de physique au niveau collège,
  356. puisque, rappelons-le, à partir de 1905, il enseigna la physique et la
  357. chimie au collège jésuite de la Sainte-Famille au Caire.
  358. La lecture du \emph{Phénomène humain} montre que Teilhard, à l'époque
  359. de la Seconde guerre mondiale, bien que la physique ne soit pas sa
  360. thématique de recherche, était plus ou moins bien familiarisé avec les
  361. nouveaux concepts, advenus au début du XXème siècle. Citons par
  362. exemple l'\emph{\textbf{Atome Primitif}} de \emph{Georges Lemaître},
  363. qui impliquera plus tard l'existence d'un \emph{Big-Bang} à l'origine
  364. des temps; le \emph{\textbf{Quantique}} qui expliquait le
  365. comportement du monde atomique, à la suite des travaux de \emph{Max
  366. Planck,} \emph{Niels Bohr,} \emph{Albert Einstein}, \emph{Louis de
  367. Broglie} \emph{Werner Eisenberg} et d'autresencore; la
  368. \emph{\textbf{Relativité}} \emph{\textbf{restreinte}} d'\emph{Henri
  369. Poincaré} et d'\emph{Albert Einstein} qui montrait l'équivalence entre
  370. l'énergie et la matière; la \emph{\textbf{Relativité générale}}
  371. d'\emph{Albert Einstein} qui décrivait sous forme de courbure de
  372. l'espace-temps, la gravitation à l'échelle cosmique; ou enfin la
  373. \emph{\textbf{statistique des systèmes complexes}}, qui permettait de
  374. décrire les changements de phases et le chaos\emph{.}
  375. Teilhard est tout à fait conscient de ne pas être à la pointe de la
  376. physique de son temps et affirme très modestement que s'il n'est pas
  377. physicien, il ne peut résister à l'envie de «décrire ce qu'il voit».
  378. Ses ouvrages ne prétendent donc pas être des traités de physique, avec
  379. des développements logiques soutenus par l'expérience, mais plutôt de
  380. présenter une succession d'intuitions supportées par un vocabulaire,
  381. que je qualifierai de «teilhardien» en ce sens qu'il ne correspond
  382. pas toujours à celui du physicien. Prenons quelques exemples:
  383. \begin{itemize}
  384. \item
  385. Teilhard manipule \textbf{deux énergies}: celle qu'il qualifie de
  386. \emph{tangentielle}, qui concerne uniquement la matière et
  387. s'identifie donc à l'énergie habituelle du physicien, mais aussi une
  388. énergie \emph{radiale}, de nature purement spirituelle, qui attire
  389. les systèmes matériels vers des états de plus en plus complexes et «
  390. \emph{centrés}».
  391. \item
  392. Il se réfère par ailleurs à \textbf{trois infinis}: les deux
  393. infinis spatiaux de Pascal, \emph{l'infiniment petit} et
  394. \emph{l'infiniment grand} mais aussi un \emph{infiniment complexe},
  395. sans toutefois clairement définir la mesure de cette complexité.
  396. \item
  397. Aux \textbf{forces} classiques du physicien, Teilhard ajoute des
  398. \emph{\textbf{forces d'union}}, de natures purement spirituelles,
  399. qui font que «le tout est toujours plus que les parties».
  400. \item
  401. Teilhard enfin repose l'essentiel de ses visions cosmiques sur
  402. l'existence d'une \emph{\textbf{noosphère}}, un néologisme qu'il
  403. créa avec Édouard Le Roy, en 1922, après que tous deux aient suivi,
  404. en Sorbonne, le cours sur la biosphère de Vladimir Vernadski: la
  405. noosphère est la «nappe pensante» de la biosphère (en grec,
  406. \emph{noos} est l'esprit), elle est donc elle aussi de nature
  407. purement spirituelle.
  408. \item
  409. Le \textbf{chaos} associé à l'ultra-complexité, est pour Teilhard
  410. une nécessité permettant la \emph{\textbf{création continue}} au
  411. sein de l'univers \emph{Esprit-Matière}. Il croit de plus, que dans
  412. cet univers seule la \emph{face spirituelle} du Monde est
  413. \emph{réelle}, ce qui induit que sa \emph{face matérielle} ne serait
  414. en fait qu'une \emph{illusion.}
  415. \end{itemize}
  416. \section*{La Cosmogénèse de Teilhard}
  417. Dans un graphe à deux dimensions, avec en ordonnées la taille de
  418. l'objet et en abscisses son degré de complexité, Teilhard aimait
  419. explorer l'Univers dans le sens des complexités croissantes, depuis
  420. les particules élémentaires (10\textsuperscript{-15} mètre), en
  421. passant par les atomes, les molécules, les virus, les microbes, les
  422. animaux et l'Homme (1 mètre) et en poursuivant jusqu'à la Terre, le
  423. Soleil, la galaxie et finalement l'Univers «connu» (estimé à plus de
  424. 10\textsuperscript{25} mètres). Après la complexité de l'Homme, qui
  425. occupe bien sûr la place centrale de son graphe, apparaissent les
  426. complexités croissantes des villes, des systèmes sociaux et culturels,
  427. des modèles politiques, de la mondialisation \ldots{} Finalement, à la
  428. fin de l'évolution du système Monde, Teilhard propose que l'Univers
  429. atteigne le point de convergence ultime de la noosphère: le fameux
  430. \emph{\textbf{Point Omega}}, qui pour Teilhard ne peut être que
  431. \emph{Dieu} lui-même.
  432. En parcourant toutes les échelles de complexités, par transitions de
  433. phases successives, depuis celle des particules élémentaires jusqu'à
  434. celle du cerveau humain, Teilhard voit la matière se transformer en
  435. esprit. Il suggère ainsi que même dans l'atome il doit y avoir une
  436. étincelle d'esprit! Quant à la conscience et à la pensée réfléchie
  437. (\emph{l'Homme sait qu'il sait}), Teilhard y voit l'action des forces
  438. d'union qui accompagnent la montée en complexité des systèmes.
  439. Ainsi pour Teilhard, le cosmos est en perpétuelle dynamique (en
  440. cosmogénèse) évoluant par seuils : tant qu'il n'a pas atteint le point
  441. Omega, le cosmos est instable et inachevé. En convergeant vers le
  442. Point Omega, la noosphère, dit-il, sort de l'espace-temps, un argument
  443. qui sous-entend que le concept de temps est sans doute trompeur:
  444. Teilhard croit en effet que l'Homme appartient à tout l'Univers, son
  445. passé, son présent et même son avenir.
  446. Du point de vue religieux, Teilhard pense qu'au cours de cette
  447. cosmogénèse, Dieu n'a pas réitéré ses interventions, mais qu'Il a fait
  448. évoluer la création «de l'intérieur» plutôt que de l'extérieur.
  449. Ainsi Teilhard ne croyait pas à l'histoire d'Adam et Ève et du
  450. \emph{Péché Originel}, telle qu'elle est racontée dans la
  451. \emph{Genèse}, ce fut d'ailleurs la source de tous ses problèmes
  452. théologiques avec Rome.
  453. \section*{Les dernières années de Teilhard}
  454. En 1946, Teilhard est diplomatiquement obligé de quitter la Chine. À
  455. son arrivée à Paris il découvre une France très différente de celle
  456. qu'il avait quittée: les Français lui semblent fortement ébranlés par
  457. la guerre et surtout très divisés.
  458. Une série d'honneurs scientifiques lui sont alors attribués:
  459. \begin{itemize}
  460. \item
  461. En 1947, il est promu \emph{officier de la Légion d'honneur,} mais
  462. cette fois-ci, \emph{pour services éminents rendus au rayonnement
  463. intellectuel et scientifique français}.
  464. \item
  465. Cette même année, le \emph{Collège de France} lui propose de
  466. candidater sur la chaire laissée vacante par l'abbé Breuil.
  467. \item
  468. En 1948, Teilhard est élu membre non-résident de l'\emph{Académie
  469. des sciences}, dans la section minéralogie
  470. \end{itemize}
  471. Dans ce contexte d'honneurs médiatisés, Teilhard devient, à son insu,
  472. la coqueluche des cercles progressistes, aussi bien catholiques
  473. qu'athées et corolairement, la bête noire des cercles intégristes. Par
  474. ailleurs, il en choque plus d'un par son attitude optimiste vis-à-vis
  475. des armes nucléaires, en particulier en 1950, pour son refus de signer
  476. \emph{l'Appel de Stockholm} pour l'interdiction de ces armes, lancé
  477. par \emph{Joliot Curie}.
  478. Teilhard pense alors, en octobre 1948, que c'est pour lui le bon
  479. moment pour se rendre de nouveau à Rome pour plaider sa cause sur deux
  480. autorisations qui le tiennent particulièrement à cœur: celle de
  481. publier son \emph{Phénomène humain} et celle d'enseigner, dans le
  482. cadre de la chaire qui lui est proposée au \emph{Collège de France}. À
  483. sa grande stupéfaction, Pie XII refuse ses demandes et prolonge les
  484. deux interdictions. Teilhard écrit alors à ses amis «\emph{il grêle
  485. sur Fourvière, mais quitter l'ordre serait du suicide}». En effet,
  486. Teilhard pense que l'hostilité du Pape vise aussi quelques autres
  487. jésuites lyonnais. Il décide alors d'assurer la publication
  488. \emph{post-mortem} de ses œuvresen rédigeant un \emph{testament}
  489. (pratique très inhabituelle pour un père jésuite) léguant toutes ses
  490. œuvres à Jeanne Mortier et part en 1951 pour son dernier exil aux
  491. États-Unis.
  492. À New York, il est scientifiquement accueilli par la \emph{Werner-Gren
  493. foundation for anthropological research,} qui va lui financer de
  494. nombreuses missions, notamment deux en Afrique du Sud, une région de
  495. plus en plus attirante pour ceux qui cherchent l'origine de l'Homme.
  496. Par ailleurs, en 1952, Teilhard est invité à visiter les cyclotrons de
  497. Berkeley, cela lui procure une forte impression: il écrit «\emph{je
  498. ne suis pas physicien, mais étant étudiant de la Vie, je suis saisi
  499. par ces briseurs d'atomes}».
  500. C'est un jour de Pâques, le 10 avril 1955, que Teilhard meurt
  501. subitement chez des amis à New York. L'ambassadeur de France aux
  502. États-Unis se souvint alors que, quelques temps au paravent, Teilhard
  503. lui avait confié \emph{«je voudrais mourir le jour de la
  504. Résurrection».} Après qu'une dizaine de personnes seulement aient
  505. assisté à la cérémonie religieuse, Teilhard est enterré au cimetière
  506. jésuite de \emph{Poughkeepsie} dans l'État de New York. Dans ce
  507. cimetière perdu dans la vallée de l'Hudson, il n'y a parait-il qu'une
  508. seule tombe qui soit toujours fleurie, celle où l'on peut lire, gravé
  509. sur marbre blanc\emph{« P.PETRUS TEILHARD de CHARDIN S.J. * NATUS 1
  510. MAI 1881 * INGRESSUS 19 MAR 1899 * OBIIT 10 APR 1955}».
  511. \section*{La publication \emph{post-mortem} des œuvres de Teilhard par
  512. Jeanne Mortier}
  513. Depuis 1951, l'héritière Jeanne Mortier préparait la campagne de
  514. publication des œuvres de Teilhard, encore interdites par le Vatican,
  515. en mettant sur pied des comités composés de «hautes personnalités»
  516. patronnant les publications.
  517. \begin{itemize}
  518. \item
  519. Elle les plaça tout d'abord sous le \emph{Haut Patronage} de la
  520. Reine Marie-José de Belgique\emph{.}
  521. \item
  522. Puis elle composa un \emph{Comité Scientifique} de 32 membres, parmi
  523. les quels on trouve Henri Breuil, Louis et Maurice de Broglie,
  524. Julian Huxley, Louis Leprince Ringuet, Théodore Monod et un
  525. professeur de la Faculté des Sciences de Lyon: Jean Viret
  526. \item
  527. Elle composa enfin un \emph{Comité Général} de 28 membres, parmi
  528. lesquels on trouve Jeanne Mortier, cinq membres de la famille
  529. Teilhard de Chardin, Robert Aron, Gaston Bachelard, Gaston Berger,
  530. Georges Duhamel, André Malraux, Jacques Rueff, Léopold Senghor et un
  531. professeur du Lycée du Parc de Lyon: Jean Lacroix.
  532. \end{itemize}
  533. C'est ainsi que les éditions du Seuil purent publier, dès 1955,
  534. \emph{Le Phénomène Humain,} puis la plupart des œuvresde Teilhard :
  535. \emph{L'Apparition de l'Homme, La vision du Passé, Le Milieu Divin,
  536. L'avenir de l'Homme, l'Énergie Humaine, \ldots{}} Les éditions
  537. Grasset, quant à elles, publièrent différents recueils des
  538. innombrables lettres que Teilhard écrivit tout au long de sa vie à sa
  539. famille, à ses amis, à sa cousine \emph{Marguerite Teillard-Chambon}
  540. et à ses amies, \emph{Lucile Swan,} sculptrice américaine et \emph{Ida
  541. Treat}, paléontologue américaine.
  542. \section*{Y-a-t-il aujourd'hui d'autres théories cosmologiques se
  543. référant à l'Esprit?}
  544. Je voudrais compléter cette revue de la cosmogénèse de Teilhard, par
  545. l'évocation des travaux de quelques rares physiciens contemporains qui
  546. n'excluent pas le rôle de la conscience dans l'évolution de l'Univers,
  547. en particulier ceux du mathématicien-physicien \emph{Roger PENROSE}
  548. et, tout récemment, ceux de la nano-physicienne \emph{Maria STRØMME}.
  549. Sir \textbf{Roger PENROSE} est un grand penseur de notre temps, né en
  550. Grande Bretagne en 1931, il est aujourd'hui professeur émérite de
  551. l'Université de Cambridge. Mathématicien, physicien très productif, il
  552. est aussi impliqué dans la compréhension de la conscience et de
  553. l'esprit. Lauréat du Prix Nobel 2020 pour ses travaux sur la formation
  554. des trous noirs, il rédigea en 2004 un ouvrage de synthèse de ses
  555. travaux, de plus de mille pages, intitulé \emph{The road to reality}
  556. qui a été traduit en français en 2007, sous le titre \emph{À la
  557. découverte des lois de l'univers} aux Éditions \emph{Odile Jacob.}
  558. Dans son dernier chapitre, Penrose discute du \emph{rôle du monde
  559. mental dans les théories physiques.} Il voit un Univers composé de
  560. trois mondes: un \emph{monde mathématique} qui domine tout et permet
  561. en particulier de formaliser le comportement du \emph{monde physique,}
  562. dont une fraction infime, le cerveau humain, a accès au \emph{monde
  563. mental}, dont une infime partie permet d'accéder à la vérité
  564. mathématique absolue. Après avoir longtemps travaillé sur de possibles
  565. aspects quantiques dans le fonctionnement du cerveau, Penrose présente
  566. sa vision de l'Univers, son \emph{préjugé,} dans lequel le mode de
  567. communication entre ces trois mondes, le mathématique, le physique et
  568. le mental, reste un \emph{profond mystère.} Dans son schéma
  569. triangulaire reliant ces mondes, Penrose voit émerger \emph{l'idéal
  570. absolu du vrai, du beau et du bien, ainsi que la moralité du bien et
  571. du mal} (une sorte de noosphère à la Teilhard?).
  572. \textbf{Maria STRØMME} est d'une autre génération, née en 1970 en
  573. Norvège, elle dirige actuellement en Suède, un laboratoire de
  574. nanotechnologies à l'Université d'Uppsala. Elle vient de publier un
  575. article dans la revue \emph{American Institut of Physics - AIP
  576. Advances,} daté du 15 novembre 2025, intitulé \emph{Universal
  577. consciousness as fundational field a theoretical bridge between
  578. quantum physics and non-dual philosophy.} Cet essai a pour ambition
  579. d'utiliser la théorie quantique des champs pour intégrer l'esprit, la
  580. conscience et la pensée dans une vision cosmique de l'Univers,
  581. applicable depuis le Big Bang jusqu'à aujourd'hui. Cet article
  582. théorique me semble utiliser les outils de la théorie du boson de
  583. Higgs qui permet d'expliquer la masse des particules. En effet Maria
  584. Strømme décrit un scenario cosmogénique où l'Univers est un champ
  585. scalaire, un \emph{Champ de Conscience} universel, dont les états sont
  586. restés indifférenciés jusqu'à l'avènement du Big Bang. Elle explique
  587. qu'à cet instant, où apparait l'Espace-Temps, intervient la
  588. différentiation des différents états de conscience. Des états
  589. localisés et individuels du champ de conscience émergent alors par
  590. collapse des états différenciés avec la \emph{Pensée Universelle.}
  591. Ainsi aujourd'hui les êtres conscients, via leurs pensées
  592. individuelles, ont l'illusion d'avoir des états de conscience
  593. individuels. Quel sera l'avenir de cette théorie? Elle me semble
  594. aujourd'hui manquer des incontournables \emph{observables} requises
  595. pour toute validation d'une théorie.
  596. \section*{Conclusion}
  597. Je crois comprendre aujourd'hui pourquoi à mes vingt ans, avant de me
  598. lancer moi-même dans la recherche, je fus marqué par la lecture du
  599. \emph{Phénomène humain,} un message plein d'optimisme et aussi de
  600. conviction en la valeur de la recherche scientifique, source de
  601. progrès pour l'humanité. Bien que le \emph{poilu} Teilhard avait
  602. enduré l'horreur des tranchées, il proposait dans ses œuvres une
  603. évolution très positive non seulement de l'Humanité, qui deviendrait
  604. une \emph{super humanité}, mais aussi du Cosmos, dont la face
  605. matérielle tendrait à s'effacer devant l'accumulation des
  606. connaissances et de l'esprit. Il est vrai que Teilhard s'attachait
  607. plus à exposer, plutôt qu'à démontrer, sa vision de la cosmogénèse;
  608. néanmoins, un tel sens et une telle finalité, donnés à l'évolution de
  609. l'Univers, avaient de quoi séduire ses lecteurs, en des temps
  610. fortement marqués par la brutalité des récentes guerres mondiales.
  611. Teilhard avait su détecter très précocement une source de progrès
  612. naissante: l'apparition des premiers ordinateurs qu'il qualifiait
  613. d'\emph{extraordinaires machines électroniques par lesquelles notre
  614. pouvoir mental de calculer et de combiner se trouve multiplié dans des
  615. proportions qui annoncent des accroissements merveilleux.} Il
  616. prophétisait par cette intuition la prochaine mise à disposition des
  617. cerveaux humains de logiciels de plus en plus performants opérant dans
  618. des ordinateurs de plus en plus rapides et puissants et finalement
  619. l'invention du \emph{WEB} (par les chercheurs du CERN) et aujourd'hui
  620. l'arrivée en trombe de \emph{l'Intelligence Artificielle}. Cette
  621. évolution fulgurante des moyens accordés au cerveau de tout un chacun
  622. est certainement un des \emph{seuils de complexité} que Teilhard
  623. aurait aimé décrire dans son modèle de cosmogénèse. D'autres domaines
  624. ont été recensés dans lesquels Teilhard fut très en avance sur son
  625. temps, notamment l'\textbf{écologie} (il fut en effet parmi les
  626. premiers à s'inquiéter de l'épuisement des ressources finies de notre
  627. planète) et le \textbf{féminisme}, tant il a décrit l'indispensable
  628. complémentarité homme / femme dans le domaine qui le concernait:
  629. celui de la création scientifique et intellectuelle.
  630. On peut enfin se demander si Teilhard de Chardin a vraiment été
  631. réhabilité, notamment par l'Église. Il faut d'abord saluer le travail
  632. de fond qui a été fait après sa mort par les nombreux \emph{Cercles
  633. Teilhard de Chardin} créés pour faire connaitre et étudier ses œuvres,
  634. que ce soit à Paris, à Lyon, à New York où ailleurs. J'ai eu la
  635. chance, lors d'un voyage aux États-Unis en 2024, d'être mis en
  636. relation avec le moine bénédictin belge \emph{R. F. Poswick} qui est
  637. un des animateurs du cercle de New York et édite la revue
  638. \emph{Veilleur} qui fait une large place aux idées de Teilhard. C'est
  639. enfin un jésuite, le \emph{Pape François,} qui lors d'un de ses
  640. derniers voyages à l'étranger, en septembre 2023 en Mongolie, rendit
  641. un vibrant hommage à Teilhard en rappelant qu'un siècle plus tôt,
  642. Teilhard était en ces lieux, en train de chercher des fossiles. Le
  643. Pape François décéda le 21 avril 2025, c'était un lundi de Pâques
  644. \ldots{} le lendemain du jour de la Résurrection.
  645. \section*{Remerciements}
  646. Je tiens à remercier pour son aide, le frère \emph{R.-Ferdinand
  647. Poswick}, osb, qui a suscité la première rencontre des amis Français
  648. et Américains de Teilhard autour de sa tombe et le colloque dont les
  649. actes ont été publiés depuis lors aux \emph{Éditions Saint-Léger} sous
  650. le titre \emph{Pierre Teilhard de Chardin-La Messe sur le Monde-Le
  651. Centenaire, Colloque international, New-York -Poughkeepsie, 16-22
  652. octobre 2023.} Merci aussi à mes confrères, le père jésuite
  653. \emph{Dominique Gonnet}, pour m'avoir ouvert son immense bibliothèque
  654. et à \emph{Philippe Mikaeloff} et \emph{Laurent Thirouin} pour leur
  655. recherche de documents audiovisuels sur Teilhard.
  656. \end{refsection}
  657. \FloatBarrier
  658. %@@fin
  659. \tableofcontents
  660. \end{document}